?> ::+::: Lire et partir :::+:: balades et guides littéraires

 

   
Balades en Ile de France Circuits en Province
 
 
:: Balades en Ile de France
* Alain-Fournier du quartier de la Roquette à la rue Cassini, mardi 23 mai 2006 à 14h30 (attention changement de date !) * Simenon à Paris sur Seine * Alexandre Dumas à Villers-Cotterêts, jeudi 25 juin 2009 * Baudelaire à Paris, le samedi 8 octobre 2005 * Verlaine au Quartier latin, mardi 1er juin 2010 * Victor Hugo à Paris, mardi 3 avril 2007 * Mozart à Paris, samedi 30 septembre 2006 * Les premiers Américains à Paris (The Founding Fathers in Paris)
:: Gérard de Nerval de la Nouvelle Athènes aux Halles, mercredi 11 novembre 2009

Gérard Labrunie est né à Paris le 22 mai 1808 - on fêtait l’an dernier le bicentenaire de sa naissance - à 8h du soir, rue Saint-Martin, dans une maison aujourd’hui disparue, située à la hauteur de l’immeuble qui porte le n° 168. A l’heure où la nuit tombe sur la ville, le poète ouvre ses yeux au monde. Son nom de poète qu’il a choisi rappelle le noir du crépuscule : Nerval/Noirval... Gérard de Nerval va longuement errer dans les rues de Paris à la nuit tombée, et dans nombre de ses écrits, il chante la mélancolie de ses errances nocturnes dans sa ville natale, avec une lucidité étonnante pour celui que l’on a longtemps pris pour un fol délicieux (Barrès), un maître charmant (Régnier). Mais au plus profond de sa mélancolie, rayonnait un soleil lumineux :
Je suis le ténébreux, - le veuf, - l’inconsolé,
Le prince d’Aquitaine à la tour abolie :
Ma seule étoile est morte, - et mon luth constellé
Porte le soleil noir de la Mélancolie.

Nerval est, au même titre que Rétif de la Bretonne, le Hibou de Paris, le spectateur nocturne de la ville. Mais, il ne s’agit pas d’une nuit obscure, mais d’une nuit qui ouvre à la révélation. Le poète est le voyant de la nuit, celui qui met au jour ses rêves et ses torpeurs les plus enfouies.

(JPEG)

Ses lieux d’errance sont principalement regroupés dans un espace situé entre la butte Montmartre et les quais de la Seine, avec comme axe central les Grands Boulevards, le Palais-Royal et le quartier Saint-Merri qui abritait alors les Halles de Paris.
La promenade commence rue de Navarin, où Théophile Gautier hébergea le poète chez lui (au n° 14 à l’époque, le n°20 aujourd’hui). Ensuite nous errons jusqu’au quartier des Halles, pour finir au pied de la tour Saint-Jacques. C’est à deux pas de là, qu’au petit matin du 26 janvier 1855, on retrouva Gérard de Nerval pendu à l’un des barreaux d’une fenêtre... Son dernier mot, adressé à sa chère tante, indique qu’il était prêt pour un départ vers d’autres cieux :
Quand j’aurai triomphé de tout, tu auras ta place dans mon Olympe, comme j’ai ma place dans ta maison. Ne m’attends pas ce soir, car la nuit sera noire ou blanche.

RV : 14, rue Navarin à 10h, mercredi 11 novembre 2009